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Augustus Pablo / Hugh Mundell - Africa Must Be Free By... 1983 Dub
Rockers International (1979)
Produced & Arranged by Augstus Pablo and Hugh Mundell
2 - African Dub 3 - My Min Dub 4 - Western Kingston Style |
Side B : 2 - Revolution Dub 3 - Judgment Dub 4 - Sufferer Dub |
Musiciens : Bass - Robbie Shakespeare Drum - Santa Smith Trombone - Leroy "Horsemouth" Wallace Guitar - Earl "Chinna" Smith, Geoffrey Chung & Clayton Downie Organ - Pablo Black & Augustus Pablo Piano & Strings - Augustus Pablo
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Recorded : Errol T, Channel One, Harry J & Black Ark Studios Prince Jammy at King Tubby's Studio Cover concept : Horace Swaby (Augustus Pablo) Art & Design : Orville "Bagga" Case |
- Various Artists - Unity Dub - Various Artists - Levi Dub - Various Artists - Sufferer Dub Pour tous les reggae addicts, le nom de Hugh Mundell évoque, en plus d’un talent phénoménal, une voix jeune, claire, quelque peu triste mais tellement émouvante. Et plus de 25 ans après sa disparition, ce chanteur continue d’avoir une place dans le cœur des connaisseurs comme des amateurs. Hugh Mundell naît le 14 juin 1962, contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne grandit pas loin des ghettos et de la misère. Son père est un avocat jamaïquain réputé, il est donc amené à vivre dans plusieurs quartiers résidentiels avant de finir dans le quartier de Redhills. " Natty Dread is not on first street, Natty Dread is not on second street...So where is Natty Dread ?" http://www.heartical.net/reggae-dancehall-interview,junior-reid.en.html From the back of this album From left to right : Jah Mundell (Hugh Mundell), Jah Mikey, Jah Hubey, Bongo Teo, Jah Pablo (Augustus Pablo) Hugh Mundell - Africa must Be Free By 1983 (this black/blue cover is the first pressing) Hugh Mundell - Africa must Be Free By 1983 (back cover) Hugh Mundell - My My (Pabl International) Hugh Mundell (as Jah Levi) - False Rumour (Rockers - 12") thanks to Graal Records for Label Scan's
A écouter dans l'ordre :
- Various Artists - Africa Dub
Crazy Youths vous propose aujourd’hui de revenir sur la trop courte carrière de ce chanteur hors du commun, en se basant sur la déclinaison dub de son album le plus connu : Africa Must Be Free by 1983 – Dub, fruit d’une collaboration avec son mentor et ami, Augustus Pablo.
Les influences musicales dont profite Hugh Mundell, sont essentiellement les mêmes que tout jeune jamaïcain de l’époque, c'est-à-dire en provenance du continent nord américain, tels que Nat King Cole, Frank Sinatra, Brook Brenton, que sa mère n’hésitait pas à chanter à la maison.
C’est à l’âge de douze ans, sur les bancs de l’école religieuse de l’Ardenne High School, (toujours existante et basée à Kingston), que Hugh Mundell commence à écrire ses premiers textes et à chanter. Le point d’entrée avec la musique se fait parmi les nombreux amis de sa sœur qui sont, entre autre, Winston Mc Anuff, Wayne Wade, Earl Daley (plus connu sous le nom de Earl Sixteen), tout ce monde traîne régulièrement chez la famille Mundell et se lient rapidement d’amitié avec le jeune garçon.
Au sein du quartier de Redhills, vivent quelques producteurs, comme Boris Gardiner, qui n’est autre que le voisin de palier des Mundell. La bande d’amis va donc être petit à petit initiée au reggae et au rastafarisme par un dénommé Jah Wolf, voisin et membre fondateur des 12 Tribes Of Israel , qui leur enseigna les préceptes de Vernon Carrington (plus connu sous le nom de Prophet Gad) et les intégra au mythique sound system "Jah Love Sound". C’est d’ailleurs lors d’une séance de méditation que Hugh Mundell découvrit que la correspondance de son mois de naissance équivaut selon la Bible à la tribu des Levi. Il prendra alors à cœur son rôle de messager et adoptera à ses débuts le nom de Jah Levi. Nom que l’on retrouvera sur quelques productions, lorsque Hugh Mundell chantait en DJ Style sur certains Disco Mix.
Chaque membre de la bande se mettait petit à petit à rencontrer un producteur, puis à enregistrer, Wayne Wade débute sa carrière aux côtés du grand Vivian "Yabby You" Jackson. Pour Winston McAnuff ce sera Joe Gibbs. Un après-midi de 1975, Winston McAnuff et Franklyn "Bubbler" Warr, arrivent tous deux au studio avec sous le coude le morceau « Malcom X ». Mais l’ingénieur du son Errol « E.T. » Thompson, refuse soudainement d’enregistrer le morceau, n’aimant pas particulièrement la voix de Winston McAnuff. Il demande donc à Earl Sixteen, présent ce jour-là de l’interpréter.
Ce même jour, présent à la session, Hugh Mundell attend son tour pour passer dans la cabine d’enregistrement. C’est donc ce jour-là qu’il enregistre son premier titre : « Where Is Natty Dread ? », qui ne verra malheureusement jamais le jour. Lorsque le label Makasound interroge Winston McAnuff sur cette session, ce dernier ne semble se souvenir seulement des deux premières phrases de la chanson :
Après cette première session chez Joe Gibbs qui n’aura donc pas abouti, Mundell va se lier avec celui qui saura le faire mûrir musicalement parlant, Augustus Pablo. A ses débuts Augustus Pablo passe régulièrement au studio de Herman Chin-Loy, Aquarius. Un jour Pablo réussi à obtenir une audition pour Hugh Mundell. L’instrumentaliste sera bluffé par sa voix et son écriture. Il le fera répéter toute la journée, et dans la foulée lui fait enregistrer cinq titres la semaine suivante. De cette session, sort son premier 45 tours, « Day Of Judgement », que Pablo ne manque pas de sortir sur un de ses labels, Message. Une voix encore peu assurée, mais le potentiel est là. Nous sommes en 1976. Hugh Mundell à 14 ans.
Petit à petit la collaboration entre les deux hommes s’étoffe, puis d’une série de singles enregistrés entre 1975 et 1977, sort le premier opus « Africa Must Be Free by 1983 ». Dès 1978, Hugh Mundell, a la possibilité de s’autoproduire. Il n’a que 16 ans. Ses premiers morceaux ne sont pas des moindres, il s’agit de « Stop ‘em Jah » (sur le même riddim que le « Who Say Jah No Dread » de Jacob Miller), et du « Blackman’s Foundation » (sur lequel le deejay Jah Bull, fera son ode anti-avortement, « Push Dawata Push »). Et même si ces morceaux sont autoproduits, c’est toujours Pablo qui fournit les instrumentaux, et qui pose son mélodica sur les « extented ». De cette période là, il en naitra un album « Time & Place », financé partiellement par des avances qu’il toucha en Angleterre, par une aide paternelle. Ce disque est edité en Jamaïque sur le label Muni-Muzyk, et en Angleterre sur son autre label, Munrock, en 1980. Notons que l’édition anglaise possède, comme souvent, une pochette différente de l’édition jamaïcaine.
Parallèlement, à ses propres compositions, Mundell découvre un tout jeune artiste, qu’il décide de produire, il s’agit de Little Junior Reid, avec son morceau « Speak The Truth ». Ce morceau du chanteur, loin encore d’une carrière internationale, ou bien même du groupe Black Uhuru, lui est inspiré par les conseils de sa grand-mère, avec qui il vit. Junior Reid, lors d’une interview pour le label Heartical, raconte :
« il arrivait que des choses disparaissaient dans la maison, alors elle nous convoquait pour nous interroger...Comme tout le monde se déclarait innocent, elle nous disait "Dites la vérité, et dites la pour toujours" ("Speak the truth & speak it forever"), c'est exactement les paroles que j'ai repris pour constituer la base de ma chanson et c'est Hugh Mundell qui l'a produit sur le label d'Augustus Pablo "Rockers"...Yes, c'est Pablo en personne qui a enregistré ma première démo ! Comme le label " Munrock " n'existait pas encore, Mundell l'a sorti sur "Rockers"... Mundell était le disciple de Pablo et j'étais le disciple numéro1 de Mundell. J'ai rencontré Mundell pour la première fois à Waterhouse puis on s'est perdu de vue. Un jour, j'ai vu passer Locksley Castell (Ndlr : auteur du hit "What a great Day") avec un disque sous le bras, il revenait de chez Pablo et m'a dit que Mundell y travaillait également... C'est comme ça que je l'ai retrouvé à Gardentown chez Pablo! »
Au début des années 80, Mundell change de producteur. Décembre 1980 voit sortir sur le label Live And Love de Prince Jammy (pas encore KING et que l’on retrouve déjà à l’époque au mixage du Lp Dub de Africa Must Be Free), l’album « Jah Fire (Will Be Burning ) ». Il s’agit d’un album showcase, partagé avec le méconnu, et pourtant talentueux et au combien ressemblant vocalement à Hugh Mundell, Lacksley Castell.
1982, voit la sortie du dernier album de Hugh Mundell, intitulé sobrement « Mundell », produit par Henry « Junjo » Lawes, et backé par les Roots Radics. Il sortira chez Greensleeves.
Hugh Mundell disparait l’année même où il chantait la prophétie d’une Afrique libérée, 1983. Sombre coïncidence. C’est donc l’année de son 21ème anniversaire, qu’il disparait, mais toutefois dans des circonstances qui reste encore aujourd’hui assez obscures. Voici ce la version que nous livre le label français Makasound, dans le livret accompagnant la sortie de la compilation "Blessed Youth" :
" Une histoire raconte qu'après s'être fait cambrioler par une connaissance, Hugh Mundel s'est rendu le lendemain chez le cambrioleur pour récupérer le butin. Le frère du cambrioleur l'aurait abattu, par derrière, d'une balle dans la nuque. L'autre histoire, plus connue, raconte que Mundell avait vendu un appareil électroménager défectueux à un type de son quartier. Furieux, le type armé a cherché Mundell. Il l'a trouvé et abattu d'une balle dans le cou alors que le chanteur se trouvait au volant d'une voiture aux côtés du tout jeune Junior Reid..."
Junior Reid, confirme avoir été aux côtés de Hugh Mundell le jour de sa mort, quand au pourquoi de cet assassinat, il s’agit tout bonnement d’un mélange des deux histoires :
"Hugh Mundell m'a beaucoup influencé, c'était un grand vocaliste et il m'emmenait souvent méditer avec lui dans la montagne, on fumait le Chalice et on raisonnait ensemble, il y a avait vraiment une vibe entre nous... En fait, je le suivais partout... Sa mort m'a beaucoup affecté et il me manquera toujours... J'étais à ses côtés quand il est mort, yunno... Une balle m'a pris mon ami, comme ça !! En plein Grandspen à Kingston, en plein jour! Un gars avait cambriolé Mundell, le voisin l'a vu et l'a dénoncé, on est donc allé emmener le coupable au commissariat... Quelques jours plus tard, on était en voiture et le frère du voleur est venu nous voir pour nous demander de retirer la plainte, Mundell lui a dit que son frère serait libre dès que les affaires volées seraient revenues chez lui... Le gars n'a pas répondu mais il a sorti son flingue et a commencé à tirer, il a mis une balle en pleine tête à mon ami et le conducteur a planté la voiture dans un mur... J'ai dû sortir de la voiture et m'enfuir en courant pour ne pas mourir ce jour là ! Mundell n'est plus, mais sa musique demeure... "
Mais cette disparation tragique, renforce un peu plus l’aura mystique qui règne autour de la carrière du « Blessed Youth » (l’enfant béni) comme on le surnomme. Il reste nénanmoins un bon exemple qu’en Jamaïque, les artistes naissent avec le talent, et le développe dès le plus jeunes âge.
Stop ‘em Jah, It’s Never Too Late !
source :
http://www.graalrecords.fr/time_place.htm
- Sista Eklipse et Zapo -




