Back 7"





Ruddy Thomas & Trinity - Feeling Soul

Produced by Joe Gibbs & Errol Thompson
Errol T (1976) - Matrix : DSR 4493-A / DSR 4494-B

 


A écouter dans l'ordre :
- A Side - Ruddy Thomas & Trinity - Feeling Soul
- B Side - Joe Gibbs - Bionic Disco

 

 

Le 10 juin 2006, lors des finales du  JCDC (Jamaica Cultural Development Popular Song Competition) disparait un artiste aux multiples talents, au parcours discret mais habitué des hits parades Cet homme qui vient d’être emporté d’une crise cardiaque, c’est Ruddy Thomas. Retour sur un chanteur qui compte autant de talents que de chansons au hit-parade.


 

Ruddy Thomas naît le 12 Juillet 1951 à Kingston sous le nom de Rudolph Charles Thomas. Son père est prêtre et sa mère est évangélique, ce qui fait que, comme beaucoup de chanteurs jamaïcains, c’est à l’église qu’il fera ses premières gammes, et développera ses talents vocaux. Petit à petit, cherchant à se perfectionner, il monte son propre groupe, dans lequel il reprend les classiques des chanteurs souls américains. Son style de chant à ses débuts lui permet de pouvoir collaborer avec Berres Hammond et Cynthia Schloss, mais c’est en solo qu’il décide de continuer et enregistre dans la foulée, en 1972, une chanson pour Coxsone Dodd, appelée "Parents Fault". Il sort aussi quelques années après "Lick And Run" sur le label Dutchess de Duke Reid. Mais ces essais ne seront pas remarqués, et c’est seulement à la fin des années 70 que sa carrière va réellement prendre un virage.

En effet le tournant de sa carrière va se faire grâce à sa collaboration avec le producteur Joel Gibbson plus connu sous le nom de Joe Gibbs. A cette époque Ruddy Thomas travaille chez Joe Gibbs en tant qu’arrangeur de session, percussionniste mais il fait aussi les harmonies sur diverses sessions. C’est donc tout naturellement qu’il enregistre pour les labels de Gibbs, et c’est sa reprise du "Loving Pauper" de Dobby Dobson qui va faire exploser sa carrière. Cette chanson devient immédiatement numéro 1 en 1978 au classement du TOP 100 de la RJR (Radio Jamaica and Re-diffusion Network, la radio jamaïcaine la plus importante), tout comme "Everyday Is Just A Holiday", "Mama Say" ou sa reprise des Jackson’s "Shake Your Body Down" qui elle, avait trusté le Billboard’s Top 100 en 1977. Finalement les années 1980 établissent Ruddy Thomas comme un artiste international incontestable.


Sa carrière, il la doit beaucoup au marché anglais, pour lequel son style mélangeant soul et reggae est taillé. "Just One Moment Away" en est plus ou moins la preuve. Ce morceau sera d’ailleurs le premier hit du fameux label anglais, Hawkeye. Et les choses ne s’arrêtent pas là, en 1983 "Key To The World", est en plus d’être à nouveau un hit pour Ruddy Thomas, sans doute sa chanson la plus vendue, environ 50 000 exemplaires ! Cette chanson restera dans le haut des charts de Septembre 1983 à Février 1984, et il gagnera en 1983, le titre de "Britain’s Top Reggae Artist". Après cette période faste, Ruddy Thomas va alterner à la fois des périodes de productions et des périodes d’enregistrements. Il revient d’ailleurs au début de l’année 1986 par un medley de "hits" des années 1950 comme "Daddy’s Home", "Earth Anglels", "Creation Of Love", "This Is My Story" ou "Goodnight My Love", ces mêmes chansons qu’il chantait à ses débuts. Ce medley appelé "The Songs" deviendra encore une fois un hit présent au Top 10.


Après la mort de Marley, avec qui il était proche, il écrit un album hommage appelé tout simplement "Ruddy Thomas sings Bob Marley". Une grande partie de la carrière de Ruddy Thomas se construit autour des duos féminins/masculins. Ce qui l’amène donc à collaborer avec toutes les grandes chanteuses de l’époque. Il chante ainsi avec JC Lodge (Time For Love), Marcia Aitkens (The Closter I Get You), Pam Hall (You Can’t Hide), Cynthia Schloss avec qui il fera plusieurs chansons, mais aussi Susan Cadogan avec qui, là, il fera tout un album. Dans le même état d’esprit, Ruddy Thomas continue d’alterner sa carrière entre écriture, enregistrement, concerts, productions et mixage. Citons quelques exemples de cette vie pluridisciplinaire. En 1987, il fait les harmonies sur l’album "Nuclear War" de Peter Tosh. 5 ans plus tôt c’est aux cuivres qu’on le retrouve sur l’album "What’s Happening To Me" de Cornell Campbell.

Citer les artistes qui ont eu la chance de bénéficier de ses talents artistiques, c’est un peu comme feuilleter le « Who’s Who » du reggae : Bob Marley, Sly & Robbie, Jimmy Cliff, Ken Boothe, Peter Tosh, Dennis Brown, Jacob Miller, Rita Marley, Boris Gardiner, Sugar Minott, Dennis Brown, Leroy Smart, Berres Hammond, The Wailing Souls, Third World, Judy Mowatt, The Heptones,… En 1989 la chanteuse Twiggi débute sa carrière après une audition chez Tinga Stewart, ce dernier qui la présentera à son tour à Boris Gardiner et Ruddy Thomas, qui seront chargés de lui apprendre deux ou trois choses sur le milieu. La légende raconte même que c’est lui qui aurait découvert le deejay Yellowman, pour qui il co-produira d’ailleurs en 1982, l’album "Superstar Yellowman Has Arrived With Toyan".


La biographie présente sur le site officiel de la JCDC, va plus loin en disant que 7 chansons sur 10 présentes sur le marché reggae peuvent être reliées à Ruddy Thomas, soit en tant qu’ingénieur, producteur ou vocaliste. Mais il est vrai qu’il reste un artiste à la voix peu connue, pourtant c’est un méticuleux, un "workaholic" comme disent les anglais. Il passe son temps à mixer des albums, en particulier lorsqu’il travaille au studio de Dynamic. Son ami Boris Gardiner le décrit comme suit : "Il était toujours perfectionniste. Il aimait la bonne musique et ne voulait pas se plier à la médiocrité".


Quelques semaines avant sa mort, Ruddy Thomas était au studio de son ami Boris Gardiner pour travailler sur le prochain album de ce dernier intitulé « Reggae For Lovers And More », lorsque Ruddy Thomas se plaint de douleurs à la poitrine. "J’ai vérifié sa pression sanguine, raconte Gardiner, et l’ai trouvé très élevée, je lui ai donc dit d’aller voir un docteur". Ruddy Thomas se rend alors dans un hôpital spécialisé en cardiologie, passe des examens mais doit passer chercher ses résultats plus tard. Parallèlement à ça, Ruddy Thomas prépare sa prestation pour la finale du très célèbre « Jamaican Song Contest ». Trop préoccupé par ses répétitions il ne prend pas le temps d’aller chercher ses résultats. Le 10 Juin 2006, arrive le soir de la finale, Ruddy Thomas doit chanter la chanson "You Are Love" aux côtés de Norman Owen, plus connu sous le nom de DJ Azee. C’est cette chanson qui est dans la course pour la finale du Jamaican Song Contest. Avant d’interpréter leur chanson, Ruddy Thomas, en guise de mise en bouche décide de chanter le hit de sa carrière, "Loving Pauper".  Arrivé au milieu de la chanson , Ruddy Thomas s’effondre. Gardiner comprend tout de suite que quelque chose ne va pas, il se précipite auprès de Ruddy Thomas, le porte jusqu’à la voiture du producteur Breezy McKenzie, et fonce jusqu’à l’hôpital.

 

Mais il est trop tard, Ruddy Thomas décède le 10 Juin 2006 d’une crise cardiaque sur la scène de l’événement musical le plus populaire de Jamaïque

 

"You've got to feel the soul inside of you !"


- Zapo & Eklipse -

sources :


http://en.wikipedia.org/wiki/Ruddy_Thomas

http://www.jamaicaobserver.com/lifestyle/html/20060611t220000-0500_106774_obs_veteran_singer_ruddy_thomas_dies__.asp
http://www.jamaica-gleaner.com/gleaner/20060612/ent/ent2.html  
http://penthouserecords.free.fr/Interview_Twiggi.htm
http://fleamarketfunk.com/2007/11/02/flick-wilson-keep-the-troubles-down/   

 

 

 

 


 

JCDC
Jamaica Cultural Development Commission

 

Festival Song 2006
Ruddy Thomas feat. Dj Azee - You Are Love

Le JCDC est une institution en jamaïcaine qui se crée en 1963 sous le nom de "Jamaica Festival Commission"  dont le but est de développer et promotionner les talents de la culture du peuple jamaïcains. Les connaisseurs de la musique jamaïcaine connaissent cette institution grâce au très célèbre "Jamaican Song Festival". Cette compétition musicale date de 1966 et a vu s’illustrer un nombre impressionnant de chanteurs. Des Maytals (plusieurs fois concurrents mais plusieurs fois vainqueurs aussi), The Jamaicans (« Ba Ba Boom »), Hopeton Lewis (« Boom Shaka Lacka »), Tinga Stewart, Freddie McKay, Eric Donaldson et bien d’autres.

Mais le JCDC ne récompense pas seulement la musique, mais aussi bien d’autres domaines comme :

    • - Les Arts Culinaires
    • - Performing Arts (Dance, theâtre,…)
    • - Entertainment (Chanson, gospel, national gospel song,…)
    • - Visual Arts (photographie, sculpture, …)
    • - Short Stories (Poésie, Littérature,…)
    • - Traditional Folk (Mento, Kumina, Burru, Quadrille,…)



Labels Goodie's
Thanks to Graal Records for the label pictures - www.graalrecords.fr

 

Ruddy Thomas - Long Time Ago (Earthquake)

 

 

Ruddy Thomas - Every Day Is Just A Holiday b/w Trinity - Natty Dread On The Go (Errol T - 12")

 

Ruddy Thomas & Trinity - Loving Pauper (Company Sleeve)

Ruddy Thimas & Trinity - Loving Pauper (Errol T - 12")

 

Ruddy Thomas - Sad Eyes (Heavy Duty - 7")