Jam Flavor - Booking & Distribution

Greg - Jam Flavor / High Fly Sound

 

Il faut dire ce qu'il est, monter un label de reggae en France, demande de la patience, du courage mais surtout une grosse dose de persévérance. Nous avons décidé de rencontrer Jam Flavor, histoire de savoir qui se cachait derrière ce nom que l'on voyait soit sur des 45trs, soit sur des flyers. Alors que Greatest Friends sort le Blue Riddim et que la collaboration de deux jeunes labels français voit sortir un 45trs de Konshens, rencontre avec Greg de Jam Flavor, pour nous parler distribution, booking, galère, artistes, vibes, mais surtout humilité.


Standin Firm, in Babylon !


Blue Riddim

Greatest Friends Records (2009)


A écouter dans l'ordre :
- Spectacular - Burn Di Politicians
- Queen - Media's Corruption
- Chezidek - Judgment Thrown
- Roger B - Will You Be There
- Natty King - Dancehall Nice
- Ras McBean - A Man Full Of Love
- Terry Bible - Bon Zeb'
- Prince Theo - Only Love

- Mark Wonder - Breath Of Life

source :

http://www.myspace.com/jamflavor

Konshens - I've Got To Go

Infinite Recordz & Undisputed Records (2009)


A écouter dans l'ordre :
- Konshens - I've Got To Go (sample)

- Version - I've Got To Go

source :

http://www.myspace.com/undisputedrecords1

http://www.myspace.com/infiniterecordzmusic

 

 

 

 

 

 

 



 

YL : Jam Flavor c'est un nom qu'on commence à voir souvent sur des vinyls, sur des flyers, mais peu de gens savent réellement ce qui se cache derrière. Explique nous comment l'aventure a commencé ?

JF : Au début Jam Flavor, ça n’avait rien à voir avec ce que l’on fait actuellement. C’était 2 amis de notre entourage, Kana et U Ben, deux selectors de St-Quentin-en-Yvelines, qui avaient créé une radio intitulée "Jam Flavor". Ça se passait sur un réseau informatique personnel, où l'on pouvait prendre la main et balancer des sons, ils improvisaient des clashs entre eux sur ce réseau. Par la suite, Control Tower Sound et leurs amis, comme mon sound system, High Fly Sound, on s’est lancés dans la prod mais on s’est vite aperçus que ça allait être difficile de distribuer indépendamment nos disques. En plus, dans le reggae, il n’y a pas tant de structures pour ça. Donc, on s'est dit "Pourquoi ne pas réunir nos forces ?". Il y a deux ans, nous avons donc créé une troisième structure, associative, qui s’appelle  Jam Flavor et dont l’activité est de distribuer toutes les prods qu’on allait sortir et de structurer nos collaborations scéniques avec les artistes. Elle est donc composée de membres du label Greatest Friends Records issu de Control Tower et des Uptown Hackers, ainsi que du label High Fly Music issu du sound du même nom. Le but est vraiment de soutenir le reggae en France et les productions françaises.


YL : Uniquement vos productions ? Car vous gérez aussi des productions extérieures…

JF : Non pas uniquement nos productions. Nous distribuons des productions d'autres labels tel que Irie Crew / Undisputed et Infinite Records ou Don Dada, mais la distribution d'autres labels s’est greffée après coup.

YL : Plus par copinage ou plus par volonté de s’élargir ?


JF : On travaille vraiment avec des connaissances, on est tous dans le même bateau, on est tous dans la même galère, finalement on aide un peu tout le monde à distribuer leurs morceaux, mais dans la mesure du possible, parce qu’il y a un coût financier qui fait qu’on ne peut pas tout sortir non plus ! On file un coup de main. C'est vrai aussi que nous avons donné des coups de pouce à des amis producteurs issus de notre département pour le pressage par exemple.


YL : Pour prendre un exemple concret : on vient vous voir avec une série, vous en faites quoi ?

JF : Le producteur vient avec ses masters, on presse la série et on la distribue. Concernant la communication, on essaye de développer ça. On n’était que deux depuis le début à faire ça sur notre temps libre car on bosse à temps plein, mais maintenant l'équipe commence à s'agrandir pour 2010 ! Pour ce qui est des plateformes de téléchargement légal, on fait appel à un prestataire externe qui distribue sur toutes les plateformes de téléchargement légal et sur Deezer aussi.


YL : Vous faites également du booking d’artistes ?


JF : Ça aussi, c’est en complément de l'activité de distribution. Finalement, on s’est rendus compte que vendre et distribuer les disques, ça n’était pas rentable. Il faut savoir qu’un disque, en distribution ça va se vendre entre 1,70 € et 2 €. N’importe quel label doit supporter le prix d'un voicing, du mixage, du mastering et ajouter à cela le coût du pressage et des envois : le calcul est vite fait ! Donc distribuer les disques à l’heure actuelle, vu le marché du disque, c’est financièrement impossible. L’évènementiel nous permet donc d’avoir une autre activité, mais qui n’est pas beaucoup plus lucrative. On le faisait déjà avant avec l’organisation de sound systems et de concerts depuis des années mais là on a voulu officialiser la chose en acquérant la licence d’entrepreneur du spectacle. Ça a donc débuté il y a un moment et ça continue cette année avec les tournées de CHEZIDEK, MARK WONDER, PRINCE THEO et QUEEN OMEGA, JAH MASON par exemple.


YL :Pourquoi ces artistes en particulier ?


JF : Ce sont des artistes avec lesquels on travaillait déjà sur les labels respectifs qu’on distribue, et c’est par rapport aussi à un voyage en Jamaïque que j’ai effectué.  Et puis il faut savoir que maintenant, étant donné que les disques, ça ne paye plus, on se rend compte qu’avoir une relation différente avec les artistes nous permet d’avoir un travail musical complètement différent sur la longueur et une vibe qu’on retrouve rarement en session dubplate par exemple. Et puis la relation financière à la musique permet aussi de s’aborder plus longuement et de manière différente !

YL : Ça fait un peu près deux ans que vous faites de la distribution et là vous vous mettez donc au booking d’artistes plus activement.

JF : Oui, mais on continue la distribution. Le booking d’artistes permet juste d’équilibrer la balance en fait.


YL : Vous faites ce travail à plein temps ?


JF : Pas pour l’instant, mais si à l’avenir on le peut, on le fera. On va déjà voir comment ça évolue, et puis on a beaucoup de choses à structurer déjà avant, au niveau de la communication entre autres, on n’a pas de site internet par exemple. C'est avant tout une passion.


YL : Est-ce que tu peux donc nous présenter les projets 2010 de Jam Flavor ?


JF : Au niveau des tournées d’artistes, au mois de février on va faire une série de concerts avec Chezidek, il y a 3 dates de prévues pour le moment. Au mois de mars, il y aura Prince Théo et Mark Wonder, ils seront là sur un laps de temps un peu plus long, il y a quelques dates de planifiées sur le mois de mars et début avril. Il y a des concerts prévus au mois de mai, normalement avec Jah Mason. Et au mois de juillet, Chezidek et quelques concerts avec Queen Omega ou d'autres artistes. Au niveau distribution, nous avons sorti le BLUE Riddim sur le label Greatest Friends Records et le dernier Konshens sur Undisputed Records & Infinite Recordz. Pour les projets futurs, nous avons tout un tas de morceaux en réserve, on a un 4 titres de Prince Théo, qui devrait sortir sous forme de 10 pouces. On devrait sortir un 45 tours  d’un chanteur français qui s'appelle Rogi, avec Queen Omega, et un autre 45 tours de ce même chanteur. Le but c’est aussi de promouvoir tous les artistes qui nous entourent. Dans le sound system Control Tower, on trouve Roger B et Mota Favela, qui avait déjà sorti un CD « CT Style ». Il y a Terry Bible aussi. Du côté d’High Fly, il y a Rogi. Tous ces artistes se retrouvent régulièrement sur les labels Greatest Friends Records et High Fly Music. Après au niveau des séries, il y a en a une qui s’appelle ‘’Rise Up’’, qui devrait arriver début 2010, avec en line up, Natty King, Mark Wonder, I lue, Prince Theo, Lloyd Brown et Queen Omega ou encore le Kingston Riddim pour GF Records avec Chezidek, Lorenzo,...

 

 

 

YL : Au niveau des riddims, vous travaillez avec des musiciens français ?

 

JF : Toutes les instrus sont faites chez nous, à domicile. On produit tout, en tout cas sur les labels High Fly Music et Greatest Friends Records.. Greatest Friends Records est composé d'un groupe de musiciens. High Fly regroupe aussi des musiciens dont un membre de Soweedo. Les autres labels que l’on distribue tels que Irie crew etc, je ne sais pas, on ne gère pas la partie production.

 

YL : Vous avez commencé par les sounds, et la production, comment vous y êtes venus ? Pour le délire ou pour aller un pas de plus dans la culture des sound systems ?

JF : l’évolution a été de commencer à m’intéresser aux sound systems, après j’ai collectionné des disques, j’ai cutté quelques dubplates et finalement je me suis rendu compte que n’étant pas un sound de ‘’clash’’, j’ai voulu aller au delà du voicing de dubplates.

 

YL : Est-ce que tu penses que pour un sound-system, la production est une suite logique ?

JF : Pas forcément, enfin dans mon cas, c’était la suite logique que je devais suivre et je me suis rendu compte qu'en rentrant dans la prod, on crée des liens avec des artistes que l’on aurait pas forcément créé avant, parce que un dubplate, c’est du business, c’est rapide. Là maintenant, on crée des liens d’amitié avec des gens. A partir d’un certain niveau, ça va plus loin que le bizness du dub ou même d’une prod. La musique, c'est aussi des relations humaines.

 

YL : Comment se sont organisés les voicings ? Des opportunités des artistes qui venaient en France ? De ton voyage à Yard ?

 

JF : Au début, c’était des opportunités des artistes qui venaient en France. Je sais que Greatest Friends Records travaillait déjà beaucoup avec Ras McBean et Lorenzo après avoir organisé un de leur concert à Saint Quentin en Yvelines en 2004. Pour notre part, High Fly a débuté avec la venue de Prince Théo. Il y a toujours aussi la volonté de promouvoir nos artistes locaux

 

YL : Mettre des grands noms mais servir aussi de tremplin à ceux qui démarrent ?

 

JF : Exactement, et puis après il y a eu le voyage en Jamaïque qui m’a permis d’accéder à d’autres artistes.

 

YL : Au niveau du booking, est-ce que vous comptez vous développer en Europe ou rester pour l’instant en France ?

 

JF : On fait déjà des dates en Europe, on est parti en Suisse, en Italie, on a des contacts en Hollande, en Allemagne. Par contre en Espagne et au Portugal, jamais. Il y a des pays comme ça que l’on n’arrive pas à atteindre, même dans la distribution des disques, c’est assez bizarre. Mais à l’est, Slovénie, Pologne, ça se développe pas mal.

 

YL : Comment ça se passe au niveau des artistes, je suppose qu’il y a plusieurs tourneurs qui leur proposent des dates en France ? Il y a des contrats d’exclusivité ?

 

JF : Par rapport aux artistes que l’on connaît, c’est vraiment des liens amicaux, ils vont le faire plus pour nous en tant que personne. On signe quand même un contrat avec un artiste, on le déclare à l’inspection du travail etc, car on veut être carré de notre côté, tout est officiel, mais ça fait beaucoup de boulot ! On n’a pas de contrat d’exclusivité. Notre philosophie comme le dit Théo de Jam Flavor c’est ‘’Heartical Connexion’’, on avance ensemble et tous dans le même sens. Parce que finalement c’est dur pour nous, mais c’est dur pour eux aussi. Pour les grands noms, Sizzla, Capleton, c’est facile, ça marche, mais dès que tu prends des chanteurs tels que Mark Wonder, qui est pourtant sur beaucoup de séries, ca devient plus difficile.

 

YL : Ça ne vous intéresse pas de faire tourner des grands noms en fait.

JF : Non car il y a des dizaines de gens qui vont s’occuper de Sizzla, et qui le feront mieux que nous et qui ont plus les moyens financiers de le faire. Et ça ne nous intéresse pas ce côté "bizness", nous on fait les choses bien, professionnellement, mais on garde ce côté familial, une bonne ambiance. Et puis je pense que ça se ressent au niveau du show. C’est comme une famille, on vit tous ensemble le temps de la tournée.

YL : Tu ne penses pas que c’est plus difficile de s’occuper de ‘’petits’’ artistes pour trouver des dates par exemple ?

JF : Ce n’est pas facile du tout parce qu’en France les réseaux culturels sont difficiles d’accès, pour programmer du reggae dans certaines salles, c’est pratiquement mission impossible, on s’en rend compte. Les seules dates qu’on arrive à obtenir sont des shows en composition sound-system. Et puis le reggae n’a pas une bonne image.

YL : En plus du booking, est-ce que vous avez d’autres objectifs que vous voulez atteindre ?


JF : Pour le moment, on souhaite vraiment développer le booking en 2010, on pense que c’est presque le seul moyen qui va nous permettre de perdurer dans le temps. L’année prochaine, honnêtement, si on n’a pas les dates, on arrête, parce qu’on ne pourra pas suivre financièrement.

YL : Pour en revenir à la distribution, vous distribuez vos productions sur les plateformes de téléchargement ?

JF : On distribue sur les plateformes de téléchargement légales, mais sur une trentaine de titres, sur les deux premiers trimestres, ça nous a rapporté une centaine d’euros. C'est assez peu.

 


YL : Est-ce que tu penses que c’est à cause du piratage ?

JF : Le piratage fait beaucoup, j’ai trouvé des liens sur lesquels tu peux télécharger le Spread that Love. Il a été téléchargé entre 3 500 et 4 000 fois ! On ne peut pas aller à l’encontre de ce truc là. On n’est pas un gros label, donc on voit ça, on se dit c’est bien, il y a au moins des gens qui jouent notre musique même s’ils ne l’ont pas payée. Le dernier, le Blue Riddim, le jour même où il a été mis en téléchargement légal, il était piraté, un membre du crew l'a trouvé au Brésil le jour de sa sortie en version piratée, avec la tracklist dans le même ordre etc…

YL : Pour les producteurs c’est risqué maintenant de se mettre à la production.

JF : J’en ai parlé avec des jamaïcains quand je suis allé là-bas. Il faut savoir que dès qu’ils peuvent prendre de l’argent, ils le prennent. Je me suis posé de sérieuses questions là-bas, en me disant que même si les jamaïcains sont prêts à ne plus presser leur musique et la mettre sur le marché, c’est que vraiment il n’y a plus d’argent à prendre ! Le marché décroît à une allure folle. Et il y a une évolution du support, il y a de plus en plus de sounds qui jouent en CD maintenant, c’est aussi une facilité de télécharger les morceaux, de les mettre sur un cd, pour eux, ça coûte moins cher. Parce que finalement,  il y a 10 ans, ce n’était pas facile pour les sounds : il fallait acheter ton vynil, ça coûtait un peu d’argent, pour un dubplate pareil. Maintenant, tu as des sounds qui, en un an, vont avoir une croissance aussi rapide que des sounds qui auront mis du temps à se construire sur plusieurs années, parce qu’ils vont télécharger les morceaux, ils vont les mettre sur des cd. Finalement, ce que nous, on achetait en 45 tours, ça leur coûte zéro, puisqu’ils l’ont téléchargé. Et l’argent qu’ils n’ont pas mis là-dedans, ils vont le mettre dans les dubplates.

YL : Pour en revenir au booking, allez-vous rester sur du booking d’artistes ou souhaitez-vous vous diriger vers l’organisation des grosses scènes ou des clashs ?

JF : Nos sounds systems propres ne faisaient pas de clashs mais maintenant dans l’activité du booking, pourquoi ne pas organiser dans le futur un soundclash, on aime bien ! Mais ce n’était pas dans notre optique de développement à la base. Mais pour ça il faut en avoir les moyens. Et puis pour l’instant on est simplement tourneur et non plus trop organisateur. Cependant, si l'occasion et les moyens se présentent, on le fera.

YL : Au niveau de vos sounds systems respectifs, vous jouez toujours ?

JF : De temps en temps, mais pour High Fly, c’est devenu secondaire, je suis seul maintenant à m'intéresser au sound. Control Tower joue toujours un peu, et je crois, qu'ils vont relancer la chose sérieusement avec des cuts de dubplates et programmation de soirées. Mais on est vraiment sur les prods, parce qu’on s’est rendus compte qu’on commençait plein de choses et qu’on n’a pratiquement rien terminé donc là cette année il devrait sortir plein de choses d’un coup parce qu’on veut tout finir. Finalement, on a découvert les choses en s’y mettant, et on a vu aussi les obstacles…

YL : comme… ?

JF : Pour la première série d’High Fly Music, le Spread dat Love, on s’est dit qu’on allait faire un mix différent pour chaque chanteurs, donc la structure du riddim a été adaptée aux voix des artistes. On s’est rendus compte qu’au mix, c’était toute une galère. Au lieu de mixer une fois le riddim de la série qui se pose sur toutes les voix, finalement autant t’as de versions différentes, tu fais un mix différent. Ce n’est pas forcément une erreur, c’est un choix artistique. Tu découvres au fur et à mesure et puis Greatest Friends Records se complique aussi toujours la vie de la même façon !

YL : Quelles seraient alors les erreurs à ne pas refaire ?

JF : Pour l’instant, on n’ a pas eu de gros soucis, on a de la chance. Juste des petits détails qui vont faire que ça va rallonger ton projet dans le temps. Les disques sont pressés en France. Cependant sur la première série CRISIS, il y a eu une erreur d’étiquetage au début par exemple, sur la série MUSIC aussi. Ça n'a pas eu de conséquences graves mais ça a rallongé tout le truc ! J’ai entendu des histoires de disques jamais reçus, pressés en Jamaïque. Heureusement, rien de tout ca pour nous.

 

YL : Pour finir un petit mot et des remerciements…

 

JF : Tous les gens de Jam Flavor : Control Tower, Greatest Friends Records, Théo, U Ben, Booya, Roger Banton, Terry Bible, Mota Favela, Rudy, Romain, Kana, du côté d’High Fly, Rogi, Difré, Cassio, tous les artistes avec qui on s’entend bien, Queeny – Queen Omega, Prince Theo, Mark Wonder, Natty King, Chezidek, I Lue, Lorenzo, Mac Bean.

 

 

Petit Questionnaire Rapide :

1er 45trs acheté :

- Un Penthouse… mais lequel je ne sais plus !


Par quel artiste as-tu découvert le reggae :

- Rogi faisait du hip hop avant. Il a fait un concert au début des années 90 au Divan du Monde, et en deuxième partie il y avait un sound system, je suis resté dans les loges avec lui, planqué, pour pouvoir assister à la deuxième partie. J’ai découvert ce truc-là, halluciné, la salle était pleine à craquer, j’ai pris une grosse claque !.. je crois qu’il y avait Nuttea ce soir-là. J’ai un pote, Polo, qui faisait partie de Captain Recordz, Guiding star et qui avant avait Booyaka Sound, m’avait donné l’adresse de Blue Moon, c’est comme ça que ça a commencé.

 

Un artiste majeur :

En roots :
- David Hinds car un très bon cut sur le Crisis Riddim avec un artiste du 78.


New Roots :
- Garnett Silk. 

New Roots Actuel :

- Lorenzo. 


Dancehall :
- Konshens

Le premier dub enregistré ?

- Mykal Roze.

Meilleur et pire souvenir de session ?

- Prince Theo, car c’est devenu un ami, je suis parti avec lui en Jamaïque, chez son cousin, Natty King.
- Ken Boothe, pas pour l’artiste, mais pour l’ambiance générale de cette session dubplate et du travail final, ça a donné un dub que je n’ai jamais joué.

Un avis global sur la scène sound system en France ?

- Avis sur le scène reggae en France : C’est un peu paradoxal, on n’a pas les moyens, c’est de plus en plus dur d’organiser les soirées, mais en même temps il y a des sound system qui pourraient s’exporter, comme Irie Crew, qui se sont bien imposés au Riddim Clash en 2008. Mais il y en a aussi beaucoup qui parlent, et beaucoup d'égos dans ce milieu-là et c’est ça qui me gêne, qui me dérange. Si on mettait un peu les egos de côté et qu’on essayait de soutenir les sound systems en France et de les voir un peu plus clasher des gros sounds systems étrangers, je suis sûr qu’on aurait de bonnes surprises. C’est ce qu’on essaye de faire au niveau des prods même si on n’a pas forcément les moyens de le faire. En fait, c’est difficile de faire les choses carrées en France, parce que pour les déclarations des artistes et de la musique c’est long, et ça coûte cher ! Je me pose la question de monter une boîte d’éditeur, mais il faut ouvrir une SARL, pareil c’est complexe, et ça met du temps avant d’être rentable. Et puis au niveau musical, je trouve qu'il manque une grosse tête d'affiche française comme on pouvait avoir à l'époque avec Raggasonic, Nuttea, Tonton David.


 

Zapo & Eklipse

Janvier 2010