Back 7"





Roy Shirley & Altyman Reid - Joshua Wearing The Crown

Produced by Roy Shirley
Pubic (1973) - Matrix : IMPACT RECOR 4031 RS / DSR RS 5657-1

 

A écouter dans l'ordre :
- A Side - Roy Shirley & Altyman Reid - Joshua Wearing The Crown
- B Side - Roy Shirley & Altyman Reid - Monkey Princess


Bonus :


The Great Roy Shirley - One, Two, Three

Produced by Lloyd Tyrell
Splash (1971) - Matrix : FLC 7615 / FLC 7616

 

A écouter dans l'ordre :
- A Side - The Great Roy Shirley - One, Two, Three
- B Side - The Great Roy Shirley - Plus One


 

 

C'est au travers de deux extraits que nous allons tenter de vous résumer la carrière de Roy Shirley. Un artiste qui doit sa notoriété auprès du public européen à son apparition dans le documentaire Aquarius sorti par la BBC dans les années 70's. La légende veut que ce soit Roy Shirley qui, pour le producteur Joe Gibbs, sortit la toute première chanson Rocksteady, donnant ainsi naissance à un nouveau de style de la musique jamaïcaine. Chanteur à la voix d'or, il ouvrira même un concert pour Al Green lors de son passage en Jamaïque, qui se dira être très impressioné par le talent de Roy Shirley. Ce dernier est aussi connu, pour ceux qui auront eu la chance de le voir sur scène, pour ses prestations endiabliées et ses costumes excentriques. Roy Shirley disparaît durant l'été 2008, non sans avoir marqué la musique jamaïcaine à tout jamais, et non sans avoir donné de lui même pour aider les jeunes en difficulté en leur donnant accès à la musique.


 

18 Juillet 1944. Trench Town. Ainsworth Roy Rushton Shirley voit le jour dans une communauté protestante (la "Revivalist Church"), il est élevé par sa mère et son beau-père. L’éducation de Roy Shirley se fait au milieu des valeurs religieuses, le peu d’éducation qu’il reçoit est plutôt sévère, et, il le confiera plus tard, est en partie due au mauvais traitement de ses professeurs.
Sa carrière musicale, il la commence comme beaucoup d’artistes jamaïcains, c'est à dire le dimanche à l’église aux côtés de sa mère. Mais Roy Shirley veut aller plus loin dans la musique, c’est pourquoi, poussé par son ami Jimmy Cliff, il court les concours de "Talent Show", aidé par Byron Lee, Sonny Bradshaw et le musicien "Drum Bago". 

Après quelques enregistrements pour le producteur Simeon L. Smith (entre autre propriétaire des labels Hi-Lite et Smith’s), qui malheureusement ne sortiront jamais, c’est vers le producteur Leslie Kong qu’il se tourne. Son premier single ? "Oh Shirley" co-arrangé par son ami Jimmy Cliff qui aura un joli succès d’estime à sa sortie en 1965. Suite à cela, il décide de s’associer avec Ken Boothe, Chuck Joseph et Joe White pour former le groupe The Leaders (à ne pas confondre avec le premier groupe de Prince Allah et de Milton Henry). Cette formation n’enregistrera que deux morceaux pour le label Anderson, Fire et I Don’t Want To Cry. Bien décidé à ne pas s’arrêter là, Roy Shirley se tourne alors vers Slim Smith et Frankly White pour donner naissance à un des plus beaux groupes de la fin des années 60, The Uniques, qui, par ailleurs backeront brièvement Prince Buster. Nous sommes en 1966, et Roy Shirley ne participera qu’aux balbutiements de ce grand groupe, puisqu’il n’enregistrera avec eux que Do Me Good et The Journey. A croire que Roy Shirley ne tient pas en place.


Il va alors avoir du mal à se poser et errer de producteur en producteur, travaillant ainsi avec  Linden Pottinger, Carl Johnson (du label J.J.) ou bien encore Ken Lack, pour qui il fera un de ses premiers hits, Get On The Ball en 1967 que Bunny Lee ressortira un an plus tard, ce qui aidera ce dernier à se lancer dans la production. Cette même année, à la sortie du groupe The Uniques, un ami emmène Roy Shirley voir le jeune Joel Gibson, qui est alors réparateur de télé et à Kingston et qui décide face au talent de Roy Shirley de se lancer dans la production en montant le label Amalgamated. Pour cette première session d’enregistrement, Roy Shirley chante "Hold Them", sans imaginer un instant que cette chanson va bouleverser la musique jamaïcaine, en créant un nouveau style, le Rocksteady. L’histoire raconte qu’il se serait inspiré pour cette chanson d’une marche militaire, mais voyant que la chanson ne marchait pas sur un rythme aussi effréné que le ska, il demande alors à ce qu’on ralentisse le rythme. L’autre anecdote de cette session est que Roy Shirley devait enregistrer pour Joe Gibbs avec Ken Boothe et Slim Smith. Mais la sauce ne prend pas, car les deux chanteurs n’arrivent pas à chanter sur un rythme aussi lent. Gladstone Anderson ,présent alors à cette session, suggère à Joe Gibbs que Roy Shirley chante Hold Them, mais seul. Cette chanson devient instantanément un hit, et c’est donc tout naturellement qu’il sort toujours pour le même producteur "The World Needs Love" ou bien "Music Is The Key". Mais Roy Shirley ne reste pas longtemps avec Joe Gibbs, il part travailler avec différents producteurs. En 1968, voulant se prendre en main, il fonde son propre label Public et s’entoure d’une formation qui deviendra plus tard The Soul Syndicate ou encore les Wailers.  Sur son label, il sortira Prophecy Fulfilling, Sugar (avec Althyman Reid), Flying Reggae ou Joshua Wearin The Crown, pamphlet à la gloire du politicien Michael Manley (PNP) pour les élections de 1972 (en écoute ci-dessus).


On le sait, le succès de Roy Shirley repose sur deux choses. Ces prestations scéniques endiablées (voir la scène où il chante aux côtés du groupe de Rico Rodriguez dans le reportage Aquarius, filmé par la BBC), il chante habillé d’une longue cape en argent , il crée une communion sans nom avec le public, il fait passer ses émotions, passant du rire aux larmes sur scène ! Un article de 2004 du Jamaica Observer ira jusqu’à le décrire de la manière suivante "The most comedic performer to evolve out of Jamaican Popular music". Mais c’est aussi sa voix qui fait le succès de Roy Shirley. Ses influences sont incontestablement soul, et on n’hésite pas à le comparer à James Brown ou Solomon Burke. Son succès s’établit et son surnom est maintenant sur toutes les lèvres, « The High Priest Of Reggae ».

Au début des années 70, il part en Angleterre, pour une tournée avec U-Roy et Max Romeo (A propos de Max Roméo, en 1968 Bunny Lee propose à Roy Shirley de chanter "Wet Dream", chanson aux paroles osées écrites par Max Romeo, mais voyant qu’aucun des artistes de son écurie décide de franchir le pas, c’est finalement Max Romeo qui s’y collera). Mais se sentant visiblement bien en Angleterre, Roy Shirley ne retourne pas en Jamaïque et décide de s’installer sur le territoire britannique. C’est là que Roy Shirley va montrer un autre visage de sa personnalité, son côté activiste. En 1976, il crée l’association "All Stars Artistic Federated Union" chargée de promouvoir et de défendre le droit des artistes jouant en Angleterre.  Y adhèrent Tito Simon, Rico Rodriguez, Errol Dunkley ou bien Jackie Robinson des Pioneers. 1976 voit aussi la sortie de son tout premier album, appelé sobrement "The Winner", qui sort sur le label Trenchtown. Mais du fait de son absence sur sa terre natale, sa popularité en Jamaïque décroît, et de plus la fin du rocksteady ne joue pas en sa faveur. Les Wailers profitent que le magasin de disques de Roy Shirley soit délaissé pour le racheter.


Cet éloignement ne l’empêche pourtant pas de continuer d’enregistrer et 1982 voit le retour de Roy Sirley en Jamaïque ou il participe au Reggae Sunsplash aux cotés de son ami Rico Rodriguez et participe, toujours avec ce dernier, à une émission de la BBC qui donnera lieu au documentaire Aquarius. Roy Shirley ouvre alors son magasin de disques en Angleterre à Dalston, dans la banlieue de Londres, et monte une nouvelle association, « British Universal Talent Developemnt Association » qui vient en aide aux jeunes gamins non privilégiés. Sur internet on peut trouver le descriptif de cette association : "Trainig for employment for disadvantaged and disaffected youths and young people, to take them out of the area of relative and individual poverty by training in production, publishing, development and marketing their productions, so that they can earn wages from their efforts in support of their careers and take theur place in society through employment opportunities withi the wider community locally and nationally”.

 

Il dépense beaucoup de temps dans les projets communautaires et en particulier pour les jeunes britannico-jamaïcains. Il continue de faire quelques shows de temps en temps aux Etats Unis ou en Jamaïque. Sa dernière prestation aura lieu au Sierra Nevada World Music Festival en juin 2008, et sera comme toutes les autres c'est-à-dire endiablée comme le laissent penser les photos ci-dessous.


On ne connait pas la date exacte de son décès car son corps est retrouvé à son domicile de Thamesmead le 17 juillet 2008, mais il était injoignable par ses proches depuis le 4 Juillet. Roy Shirley décède à l’âge de 63 ans, survivant à sa mère et son frère et laissant derrière lui de nombreux enfants. Le 30 Août a lieu un concert hommage ou se produisent Derrick Morgan, Dennis Alcapone, BB Seaton (chanteur des Astronauts, et des Gaylads) ou bien encore Michael Prophet. Avec l’aide du gouvernement jamaïcain, son corps retourne sur sa terre natale où il sera enterré. Sont présents à cette cérémonie présidée par le révérend Dr. Loyd Maxwell, son ami Ken Boothe , le célèbre musicien Dwight Pinkney, Busty Brown qui chanta "Amazing Grace", Clancy Eccles Jr., les membres de l’association JAVAA (Jamaica Association of Vintage Artistes and Affiliates) et des membres du gouvernement tels que Olivia Grange, ministre de la culture, de l’information et des sports.

 

Il restera à jamais un artiste majeur de la période rocksteady, entier, dévoué pour les autres, organisant en Angleterre des shows pour des associations diverses, promotionnant des jeunes artistes. S’il était expressif et démonstratif sur scène, Roy Shirley a su, en plus de sa carrière musicale conséquente, faire quelque chose de sa notoriété et de son talent.

 

"Reggae is a music that you want stand up and dance ! "


- Zapo -

sources :


http://www.jamaica-gleaner.com/gleaner/20080917/ent/ent3.html

http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/obituaries/article4662803.ece
http://en.wikipedia.org/wiki/Roy_Shirley
http://www.guardian.co.uk/music/2008/aug/28/worldmusic/print
http://www.jamaica-gleaner.com/gleaner/20080722/ent/ent2.html

 


 

Sierra Nevada World Music Festival - Juin 2008
Dernière prestation scènique de Roy Shirley

 

Crédits Photos : Arthur Koch
www.flickr.com/photos/allaboutlight

www.arthurkoch.com

 

 




Labels Goodie's
Thanks to Graal Records for the label pictures - www.graalrecords.fr

 

Roy Shirley - Don't Be A Loser (Punch)

 

 

Roy Shirley - If I Did Know (AFRO)

 

 

Roy Shirley - Warming Up The Scene (Giant)